Emprunter de l’argent en Belgique : combien puis-je emprunter et quel crédit choisir ?
Le montant que vous pouvez emprunter n’est pas un plafond fixé à l’avance : il découle de la mensualité que votre budget supporte réellement, de la durée maximale que la loi belge autorise pour ce montant et du type de crédit adapté à votre projet. Cette page rassemble ces trois éléments pour vous aider à chiffrer votre demande avant de comparer les offres.
L’essentiel
- Le prêteur doit évaluer votre solvabilité et consulter la Centrale des crédits aux particuliers avant tout accord (art. VII.77 du Code de droit économique).
- La durée maximale d’un prêt à tempérament dépend du montant : 24 mois jusqu’à 2 500 €, 48 mois jusqu’à 10 000 €, 120 mois jusqu’à 37 000 €. Elle fixe donc la mensualité minimale à supporter.
- Comparez toujours le TAEG, la mensualité et le montant total à rembourser ; les exemples ci-dessous sont des hypothèses de calcul, pas des offres.
- Vous disposez de 14 jours pour renoncer à un crédit à la consommation signé (art. VII.83).
Combien puis-je emprunter ? Ce que le prêteur vérifie
En Belgique, un prêteur ne peut pas accorder un crédit à la consommation sans avoir évalué de manière rigoureuse votre capacité à le rembourser. L’article VII.77 du Code de droit économique l’oblige à vérifier que vous pourrez respecter vos obligations et à consulter la Centrale des crédits aux particuliers (CCP) tenue par la Banque nationale de Belgique. Si l’évaluation est négative, il doit refuser le crédit.
Concrètement, l’analyse porte sur trois éléments :
- Vos revenus réguliers : salaire, revenus d’indépendant, pension, allocations. Les revenus stables et prouvés comptent davantage que les revenus variables.
- Vos charges fixes : loyer ou mensualité hypothécaire, crédits en cours, pensions alimentaires, et le coût de la vie du ménage (personnes à charge).
- Votre historique à la CCP : tous vos crédits en cours y sont enregistrés, ainsi que les éventuels défauts de paiement. Un défaut non régularisé conduit le plus souvent à un refus.
La méthode : revenus − charges = marge disponible
La loi n’impose aucun pourcentage de revenus à ne pas dépasser ; chaque prêteur applique sa propre grille. Le raisonnement reste toujours le même : la nouvelle mensualité doit tenir dans la marge qui reste une fois les charges fixes et les dépenses courantes payées, en conservant une réserve pour les imprévus.
| Poste (exemple, hypothèse) | Montant mensuel |
|---|---|
| Revenus nets du ménage | 2 400 € |
| Loyer | − 850 € |
| Énergie, eau, télécoms, assurances | − 300 € |
| Alimentation, transport, dépenses courantes | − 800 € |
| Marge disponible | 450 € |
Dans cet exemple, une mensualité de 300 € laisse encore 150 € de réserve ; une mensualité de 450 € consommerait toute la marge et serait très probablement refusée. Ce calcul ne remplace pas l’analyse du prêteur, mais il vous donne un ordre de grandeur réaliste avant de choisir un montant et une durée.
Montant emprunté et durée : la limite légale qui fixe votre mensualité minimale
Pour les crédits à la consommation avec remboursement échelonné (prêt à tempérament, prêt personnel, crédit auto ou travaux), l’arrêté royal du 14 septembre 2016 (art. 13) impose un délai maximal de remboursement selon le montant du crédit. Le prêteur peut proposer plus court, jamais plus long. Cette règle a une conséquence directe sur votre capacité d’emprunt : à durée maximale, elle détermine la mensualité la plus basse possible pour un montant donné.
| Montant du crédit | Durée maximale légale | Mensualité minimale indicative* |
|---|---|---|
| 200 à 500 € | 18 mois | 500 € : 29,51 € |
| 500 à 2 500 € | 24 mois | 2 500 € : 112,75 € |
| 2 500 à 3 700 € | 30 mois | 3 700 € : 136,01 € |
| 3 700 à 5 600 € | 36 mois | 5 600 € : 174,76 € |
| 5 600 à 7 500 € | 42 mois | 7 500 € : 204,35 € |
| 7 500 à 10 000 € | 48 mois | 10 000 € : 242,82 € |
| 10 000 à 15 000 € | 60 mois | 15 000 € : 302,15 € |
| 15 000 à 20 000 € | 84 mois | 20 000 € : 308,95 € |
| 20 000 à 37 000 € | 120 mois | 37 000 € : 443,47 € |
| Plus de 37 000 € | 240 mois | — |
* Mensualité calculée le 26 septembre 2026 pour le haut de la tranche, sur la durée maximale, avec un TAEG hypothétique unique de 8 % (taux mensuel équivalent 0,6434 %) choisi pour rendre les lignes comparables. Les TAEG réels varient selon le montant, la durée et le prêteur, et sont plafonnés par la loi.
Le tableau montre pourquoi deux montants proches peuvent exiger la même mensualité : 15 000 € sur 60 mois et 20 000 € sur 84 mois coûtent tous deux environ 300 € par mois, mais le second coûte nettement plus cher au total. Les pages ci-dessous détaillent chaque montant courant.
Quel crédit pour quel projet ?
Le montant accessible et son coût dépendent aussi de la formule. Un crédit affecté à un bien identifié (voiture, travaux) ou garanti par une hypothèque est généralement moins cher qu’un prêt sans affectation, parce que le prêteur dispose d’une garantie ou d’une preuve d’utilisation.
| Votre besoin | Formule adaptée | En savoir plus |
|---|---|---|
| Dépense libre : études, mariage, équipement, imprévu | Prêt personnel (prêt à tempérament sans affectation) | Prêt personnel |
| Achat d’un véhicule neuf ou d’occasion | Prêt auto (crédit affecté, facture à l’appui) | Prêt auto |
| Rénovation, énergie, aménagement | Prêt travaux (crédit affecté sur devis ou factures) | Prêt travaux |
| Achat, construction ou gros travaux immobiliers | Crédit hypothécaire (garantie sur le bien, durées longues) | Lire le guide du crédit hypothécaire |
| Petits montants ou réserve ponctuelle | Ouverture de crédit ou carte de crédit : souple mais plus chère si le solde n’est pas remboursé vite | Emprunter de 500 à 2 500 € |
Si vous remboursez déjà plusieurs crédits, la page regroupement de crédits explique le fonctionnement, les coûts et les limites de cette opération ; elle ne convient pas à toutes les situations et allonge souvent la durée totale.
Combien coûte un emprunt ? TAEG, mensualité et coût total
Trois chiffres permettent de comparer deux propositions de crédit sur la même base :
- le TAEG (taux annuel effectif global), qui intègre les intérêts et tous les frais obligatoires ;
- la mensualité, qui doit tenir dans votre marge disponible ;
- le coût total du crédit, c’est-à-dire la somme de toutes les mensualités moins le capital emprunté.
Les exemples suivants ont été calculés le 26 septembre 2026 avec la formule de l’annuité constante (taux mensuel équivalent = (1 + TAEG)1/12 − 1). Les TAEG retenus sont des hypothèses de travail décroissantes avec le montant, comme on l’observe souvent sur le marché ; ils ne correspondent à aucune offre précise.
| Hypothèse | Mensualité | Coût total du crédit |
|---|---|---|
| 6 000 € sur 36 mois, TAEG 9 % | 189,82 € | 833,49 € (total remboursé 6 833,49 €) |
| 15 000 € sur 60 mois, TAEG 8 % | 302,15 € | 3 128,75 € (total remboursé 18 128,75 €) |
| 30 000 € sur 120 mois, TAEG 7 % | 345,01 € | 11 401,19 € (total remboursé 41 401,19 €) |
Attention, emprunter de l’argent coûte aussi de l’argent. Allonger la durée fait baisser la mensualité mais augmente fortement le coût total : dans le dernier exemple, les intérêts représentent plus d’un tiers du capital emprunté. Choisissez la durée la plus courte que votre marge permet, puis comparez les TAEG réellement proposés pour ce montant et cette durée.
Déposer une demande : étapes, documents et délais
- Fixez le montant et la durée à partir de votre marge disponible et du tableau des durées maximales ci-dessus.
- Choisissez la formule correspondant à votre projet ; pour un achat précis, la facture ou le devis permet souvent d’obtenir un crédit affecté moins cher.
- Rassemblez vos justificatifs : carte d’identité, preuves de revenus récentes (fiches de paie, avertissement-extrait de rôle pour un indépendant, attestation de pension ou d’allocations), extrait de compte, détail de vos charges et crédits en cours.
- Comparez les fiches SECCI remises avant la signature : ce document standardisé reprend le TAEG, la mensualité, la durée et le montant total dû, ce qui permet de comparer plusieurs offres ligne par ligne.
- Signez, puis utilisez votre délai de réflexion si nécessaire : vous pouvez renoncer au contrat pendant 14 jours sans motif, en le notifiant au prêteur par envoi recommandé ou par tout autre support qu’il accepte, et en remboursant le capital déjà versé et les intérêts courus (art. VII.83).
En cas de refus
En cas de refus, le prêteur doit vous communiquer sans délai et gratuitement le résultat de la consultation des fichiers ainsi que l’identité du responsable de ces fichiers (art. VII.79). Un total d’impayés non remboursés de plus de 1 000 € enregistré à la Centrale (crédit à la consommation ou crédit hypothécaire à destination mobilière) interdit tout nouveau crédit à la consommation ; un impayé non remboursé plus faible exige une motivation complémentaire dans le dossier du prêteur (art. VII.77, § 2). Vous pouvez consulter gratuitement les données enregistrées à votre nom à la Centrale des crédits aux particuliers et demander la correction d’une donnée inexacte. Plutôt que de multiplier les demandes en parallèle, ajustez le montant ou la durée, ou attendez la régularisation du défaut enregistré avant une nouvelle demande.
Les formules de crédit présentées sur Solucredit
Solucredit est un site d’information qui compare les principales formules de crédit disponibles en Belgique et renvoie vers les offres de ses partenaires. Chaque page produit détaille les conditions, le coût et la procédure de demande :
Sources
- SPF Économie, Crédit à la consommation et Délais maximaux de remboursement (Livre VII du Code de droit économique ; arrêté royal du 14 septembre 2016).
- Credit2Consumer (documentation du SPF Économie), AR TAEG, art. 13 et 14 : délais maxima, art. VII.77 : évaluation de la solvabilité, art. VII.77, § 2 et VII.79 : devoir de refuser le crédit et art. VII.83 : droit de rétractation.
- Banque nationale de Belgique, Centrale des crédits aux particuliers.
- FSMA, Intermédiaires en crédit à la consommation (statut et registre des prêteurs et intermédiaires).
Sources consultées le 26 septembre 2026. Les règles décrites concernent les crédits soumis au Livre VII du Code de droit économique belge.

